Il se peut que dans les milliers de graphiques que vous avez pu observer au cours de votre carrière de trader, vous ayez eu cette impression étrange que le prix s’arrête, de manière répétée, aux mêmes endroits, avant de repartir.
En réalité, et comme j’aime à le rappeler, il n’y a aucun hasard sur les marchés financiers. Aucune magie non plus. Simplement, tous les niveaux de prix n’ont pas la même fonction. Certains sont des poches de contreparties institutionnelles, des zones dont des acteurs majeurs ont besoin pour pouvoir intervenir sur les marchés. Des zones qui, par définition, attirent le prix.
Ces zones, on les appelle des POI, ou Points of Interest.
Dans cet article, on va voir ce qu’est concrètement un POI, comment l’identifier sur ton graphique, et surtout comment l’intégrer intelligemment dans ton analyse pour arrêter de prendre des entrées dans le vide.
POI : Sur quoi se base le concept ?
Pour comprendre la notion de POI, il faut d’abord comprendre certains mécanismes propres aux acteurs à forte capacité de financement, comme on les désigne dans le langage économique.
Je pourrais vous laisser avec une explication mécanique et quelques graphiques d’illustration. Mais ce serait vous rendre un mauvais service. L’illusion de la simplicité, c’est exactement le genre de cadeau empoisonné que je refuse de vous faire.
Alors avant de toucher au moindre graphique, on va prendre le temps de poser deux bases essentielles : la notion de flux d’ordres au sein de la structure de marché en trading, et la problématique des acteurs principaux des marchés financiers.
La structure : une suite d’ordres
Un marché haussier sain, c’est une succession de Higher Highs et de Higher Lows. Mais derrière cette mécanique graphique, il se passe quelque chose de beaucoup plus concret : le carnet d’ordres se décale en permanence vers le haut pour aller chercher la contrepartie aux ordres acheteurs.
Tant que la demande dépasse l’offre (d>o), le prix monte. Quand l’offre absorbe la demande (d<o), le prix recule temporairement. C’est ce qui génère les retracements que l’on observe sur tous les marchés, dans toutes les unités de temps. Purement mécanique. Et cette même demande est observable sur toutes les horizons de temps avec plus ou moins de détail.

Les ordres acheteurs s’accumulent progressivement à la hausse, les ordres vendeurs s’accumulent à la baisse. Le tout fonctionne en miroir, jusqu’au moment où une cassure de structure vient remettre en question toute cette logique. Cependant, comme le montre notre schéma ci-dessus, même si la tendance semble laisser apparaître une demande faible à certain moment, la demande moyenne est en hausse.
Le décalage de prix : le fléau des gros poissons en trading
Voilà une problématique dont on parle rarement, et pourtant elle est centrale pour comprendre pourquoi les gros acteurs ne peuvent pas trader comme nous. Imaginez qu’un intervenant souhaite déclencher 10 000 lots acheteurs au niveau de prix 1,0800.
Le marché ne dispose pas forcément de suffisamment de contrepartie vendeuse à ce prix précis. Dans le cas d’un ordre market, le carnet d’ordres se décale, et ces 10 000 lots vont être absorbés par la liquidité disponible côté vendeur, niveau par niveau :
- 2 548 lots à 1,0810
- 2 987 lots à 1,0815
- 1 854 lots à 1,0820
- 1 934 lots à 1,0825
- 513 lots restants absorbés à 1,0830
Prix moyen d’exécution : environ 1,0818. L’institution voulait 1,0800. C’est ce qu’on appelle le slippage. Pour une institution qui déploie des centaines de millions, cet écart représente des sommes considérables et une gestion du risque totalement faussée dès le départ.

Si l’ordre utilisé était un ordre limit, alors l’ordre n’aurait été exécuté que sur 2000 lots, alors que l’institution souhaitait s’y exposer à hauteur de 10 000 lots, ce n’est donc toujours pas envisageable.
La solution ? Vendre délibérément ce même marché à un moment précis. Pousser d’autres acteurs à vendre, recréer de la liquidité vendeuse, et se servir de cette contrepartie pour rentrer au niveau voulu avec la précision requise.
C’est là que tout commence à prendre sens, car cette zone de contrepartie laisse des traces sur le marché, et on peut les utiliser pour entrer en position de trading sur une zone que les institutions vont également utiliser, c’est le concept de POI (Point of Interest) en trading.
Mais alors c’est quoi un POI ?
Après cette introduction nécessaire, rentrons dans le vif du sujet. Un POI, Point of Interest, sert de périmètre à une injection d’ordres massive. Voilà ce qu’il faut retenir avant tout.
Une zone de volume dans le carnet d’ordres
Un POI est une borne entre deux niveaux de prix. Une zone dans laquelle les institutions financières ont concentré des ordres acheteurs ou vendeurs, et qu’elles vont chercher à protéger pour pouvoir capitaliser sur leurs positions.
Si ces zones agissent comme des plafonds ou des planchers, c’est parce qu’elles contiennent un volume d’ordres considérable. La manipulation qui intervient entre une impulsion et un retracement se produit presque systématiquement à l’intérieur d’un POI.

Dans le schéma ci-dessus, on voit que les POI haussiers et baissiers se situent au niveau des mouvements primaires de la structure. Sur un marché réel, les impulsions et les retracements ne surviennent pas au hasard, ils respectent ces zones. Certains POI produisent une réaction franche, d’autres une réaction plus légère. Mais dans tous les cas, il y a un transfert d’ordres dans ces zones, et c’est précisément ce transfert qui se matérialise sous forme de réaction prix.

Dans le schéma ci-dessus, on observe que le sens du marché et les différentes impulsions et retracements ne surviennent pas par hasard mais en respectant les POI. Ils ne sont pas tous tracés pour garder une complexité moindre, mais on a ici une belle représentation de leur efficacité en conditions réelles.
Une zone qui respecte l’orderflow
Les POI ne fonctionnent pas en isolation. Ils s’inscrivent dans un orderflow, un flux d’ordres directionnel que représente la structure de marché globale.
En tendance baissière, on s’intéresse aux POI baissiers. En tendance haussière, aux POI haussiers. Un POI traversé temporairement ne signifie pas automatiquement un changement d’orderflow. Une cassure de structure non plus d’ailleurs. C’est une nuance importante que beaucoup de traders ratent.
Une zone de contrepartie pour les institutions
Revenons à ce qu’on a vu plus tôt. Les institutions ont besoin de liquidité pour s’exécuter à un niveau précis. Les POI sont précisément les zones dans lesquelles elles vont trouver cette contrepartie, et donc inverser temporairement le sens de leurs ordres pour mieux se repositionner.
Ce n’est pas un simple plafond de verre que le prix ne peut pas franchir. C’est une zone de manipulation active, dans laquelle un processus organisé se met en place pour renverser le marché le temps nécessaire. Richard Wyckoff avait documenté ce phénomène bien avant qu’on lui donne le nom de POI, à travers ses travaux sur les phases d’accumulation et de distribution.

Dans le schéma ci-dessus, on distingue clairement les trois temps : l’arrivée du prix dans le POI, visible en daily, la manipulation qui s’opère à l’intérieur de la zone, visible en H1, et la reprise directionnelle dans le sens de l’orderflow, visible en daily. C’est ce processus que l’on cherche à anticiper.
Comment identifier un POI sur ses graphiques ?
Maintenant qu’on a posé les bases théoriques, il faut passer à la pratique. Identifier un POI sur un graphique, ça s’apprend, et ça repose sur quelques règles précises qu’on va détailler ici.
Le concept historique corrélé : l’imbalance
Un POI valide doit contenir de l’imbalance, aussi appelée FVG (Fair Value Gap). Haussière pour un POI haussier, baissière pour un POI baissier. Ce n’est pas un détail, c’est une condition.
L’imbalance fonctionne comme un trou dans le carnet d’ordres et nous donne deux informations majeures.
Premièrement, un niveau de prix jamais revisité depuis son dernier passage contient peu d’ordres. Ce trou dans le carnet se comble donc très rapidement quand le prix y revient.
Deuxièmement, si le prix laisse de l’imbalance derrière lui, c’est que le carnet d’ordres a décalé rapidement et sur une distance conséquente. Autrement dit, une injection d’ordres massive a eu lieu. Et une injection d’ordres massive, c’est exactement ce qu’on cherche à identifier : la trace laissée par les institutions au moment de capitaliser sur leurs positions.

Dans le schéma ci-dessus, le cas est limpide. On aperçoit clairement des ordres vendeurs suivis d’imbalance. Une fois que le prix revient dans le POI, il repart à la hausse pour continuer la structure directionnelle en place.
POI (Point of Interest) : 3 manières pour les repérer
Concrètement, un POI se matérialise par une bougie, ou un groupe de bougies, allant à l’inverse de la tendance en cours. On cherche une bougie vendeuse dans une tendance haussière, et une bougie acheteuse dans une tendance baissière. Cette bougie délimite une zone bornée par deux niveaux de prix : son plus haut et son plus bas.

Dans le schéma ci-dessus, on distingue trois cas de figure :
Dans le premier exemple, on regroupe plusieurs bougies pour former un POI plus large, ce qui se justifie quand aucune bougie isolée ne correspond à la taille attendue du POI.
Dans le second exemple, une bougie unique suffit à délimiter le POI. C’est le cas le plus fréquent.
Dans le troisième exemple, on interprète des ordres vendeurs visibles en unité de temps inférieure, qui valent autant qu’une bougie classique et témoignent de ventes institutionnelles avant une reprise haussière.
L’importance de la liquidité sur les POI
Identifier un POI propre ne suffit pas. Encore faut-il vérifier ce que la liquidité autour de cette zone nous dit.
Si le bas de votre POI haussier présente des Equal Lows, ou si le haut de votre POI baissier présente des Equal Highs, les probabilités que ce POI tienne sont drastiquement réduites. Le marché a toutes les raisons d’aller chercher cette liquidité avant de faire quoi que ce soit d’autre.

Dans le schéma ci-dessus, les POI sont techniquement lisibles, mais la présence d’EQL et d’EQH à proximité les rend inutilisables en l’état. Cette liquidité devra être récupérée en priorité.
La même logique s’applique aux trendlines. Si une trendline bien respectée se trouve à proximité de votre POI, le marché a de fortes chances de la liquider avant de réagir à votre zone.

Dans le schéma ci-dessus, on voit concrètement comment une trendline respectée sur plusieurs niveaux incite les intervenants à vendre, et comment le POI placé en dessous se retrouve invalidé une fois la trendline liquidée.
Re-sizing des POI : comment faire ?
Un POI trop large par rapport au mouvement qu’il est censé initier perd de sa pertinence. La règle générale : un POI ne doit pas dépasser 25% de la taille du mouvement auquel il est rattaché.
Quand ce seuil est dépassé, il existe une technique simple pour corriger ça : réduire le POI de 50% de sa taille initiale. On conserve la moitié la plus pertinente de la zone, celle qui concentre le plus d’information d’ordres, et on obtient un POI qui rentre dans le critère des 25%.

Dans le schéma ci-dessus, on voit clairement la différence entre un POI brut et sa version retravaillée. La zone réduite reste cohérente avec la structure et offre un ratio risque/récompense bien plus exploitable.
Comment maximiser ses chances de réussite avec les POI ?
Un POI valide ne garantit rien. Ce qu’on cherche ici, c’est à empiler les probabilités en sa faveur. Voilà les règles qui font la différence entre un POI exploitable et un POI qu’il vaut mieux ignorer.
Le maître mot : respecter la proportionnalité
La proportionnalité est une des pièces maîtresses du trading en général, et elle s’applique pleinement aux POI.
Utiliser un POI identifié en 5 minutes pour anticiper un mouvement en 12 heures, c’est incohérent. La zone sera trop petite par rapport à l’amplitude du mouvement attendu, environ 1% de sa taille, et vous allez vous retrouver dans l’incapacité de trouver une confirmation valable à l’intérieur.

Dans le schéma ci-dessus, attendre une manipulation dans la zone rouge n’a aucun sens. La zone bleue est la seule qui offre une lecture exploitable.
L’inverse pose le même problème. Un POI Daily utilisé sur un mouvement 12 heures sera trop large, autour de 40% du mouvement, et vous allez multiplier les faux signaux en confondant les manipulations intermédiaires avec la manipulation finale.
Sur le même schéma, le POI bleu est le seul qui respecte la proportionnalité du mouvement. Le POI rouge génère trop de bruit pour être utilisé sereinement.
Le POI et la notion de mitigation
Un POI est à usage unique. Si le prix est déjà revenu dans la zone, les ordres institutionnels qu’elle contenait ont déjà été injectés. La zone est dite « mitigée », et elle perd toute pertinence pour les passages suivants.
La mitigation, c’est le moment précis où le prix revient dans le POI et consomme la zone. À partir de là, si le prix y retourne une nouvelle fois dans le futur, le concept de POI ne s’applique plus.

Dans le schéma ci-dessus, on voit clairement la réaction initiale du prix dans le POI, suivie du mouvement haussier attendu. Lors du retour ultérieur du prix dans cette même zone, aucune réaction : le POI est épuisé.
Identifier les supports et résistances structurels
Les supports et résistances sont des zones sur lesquelles le prix a rebondi plusieurs fois. Contrairement aux POI, ils ne se montent jamais mitigés : une fois franchis, ils changent simplement de nature. Un support cassé devient résistance, une résistance cassée devient support.
Ce qu’il faut retenir, c’est leur interaction avec vos POI. Si une résistance se situe au-dessus d’un POI baissier, ce POI a moins de chances de tenir : le marché va probablement aller chercher cette liquidité avant de réagir. En revanche, si cette résistance se trouve en dessous du POI baissier, elle joue en sa faveur car sa récupération offrira la liquidité nécessaire au changement de mouvement.

Dans le schéma ci-dessus, on voit concrètement comment la position d’un support ou d’une résistance par rapport au POI modifie ses probabilités de réussite.
Identifier les supports et résistances structurels
C’est la règle la plus simple et la plus binaire de cette section : si votre POI est à la base d’un mouvement déclenché par une annonce économique, écartez-le.
Les publications macro créent des conditions de marché artificielles. La liquidité qui se concentre sur les points hauts et bas précédant l’annonce est considérable, et les institutions qui se positionnent autour de ces événements ne respectent pas les mêmes logiques que sur un mouvement structurel classique. Par expérience, ces zones sont très rarement respectées en tant que POI.
Quels sont les différents types de POI ?
Tous les POI ne se valent pas. Il existe deux façons de les classifier : selon leur placement dans la structure du mouvement, et selon le contexte de liquidité qui les entoure. Ces deux lectures sont complémentaires et permettent de hiérarchiser ses zones avant même de regarder une confirmation.
Les différences selon le placement du POI
La position d’un POI dans un mouvement conditionne directement sa puissance. On distingue trois cas de figure : Les POI primaires, les POI secondaires et les POI tertiaires. Selon leur placement dans le mouvement,
POI Primaire
Le POI primaire est celui qui se trouve à la base de la structure. C’est là où s’est effectuée la transition entre l’impulsion et le retracement. Il est le plus puissant de tous, indépendamment de tout autre critère, et affiche le meilleur taux de réussite.

Dans le schéma ci-dessus, le POI primaire se situe au point de départ du mouvement. C’est la zone qui concentre le plus d’information institutionnelle et qui offre les meilleures probabilités.
POI Secondaire
Le POI secondaire se situe entre le POI primaire et le dernier POI créé par le mouvement. Il se trouve souvent au milieu de la structure. C’est le moins puissant des trois, avec le taux de réussite le plus faible, toujours indépendamment des autres critères.

Dans le schéma ci-dessus, le POI secondaire occupe une position intermédiaire dans la structure. Sa lecture reste utile, mais ses probabilités de tenir sont inférieures à celles d’un POI primaire.
POI Tertiaire
Le POI tertiaire est le dernier POI créé par le mouvement. Par définition, c’est le plus proche du prix actuel. Son taux de réussite est modéré, entre le primaire et le secondaire, et il présente l’avantage d’être facilement identifiable en temps réel.

Dans le schéma ci-dessus, on visualise les trois types de POI sur un même mouvement. La hiérarchie est claire : plus on remonte vers la base, plus le POI est puissant.
Les différences selon le contexte autour du POI
Au-delà du placement, le contexte de liquidité autour d’un POI permet de qualifier sa force intrinsèque. Trois catégories émergent : Les POI forts, les POI faibles et les POI intermédiaires.
POI Faible
Un POI faible est un POI qui ne récupère aucune liquidité, ou pire, qui en contient à proximité immédiate de sa zone d’invalidation. Il ne donne aucune information sur la quantité d’ordres injectés lors de sa formation, ce qui constitue un angle mort majeur.
Par nature, un POI faible n’est pas un POI primaire. Il représente le plus souvent un POI secondaire ou tertiaire sans prise de liquidité associée.

Dans le schéma ci-dessus, le POI faible en rouge apparaît au milieu du mouvement et ne récupère aucune liquidité apparente. Le prix ne le respecte pas. Le POI fort de la même structure, lui, tient parfaitement. Ces zones existent en quantité sur le marché et sont à éviter malgré leur omniprésence.
POI Intermédiaire
Un POI intermédiaire coche certains critères d’un bon POI sans pour autant provenir d’une prise de liquidité. Ce sont essentiellement des POI primaires sans récupération de liquidité associée.

Dans le schéma ci-dessus, le POI ne vient chercher aucune liquidité mais occupe la position primaire du mouvement baissier/haussier. Il reste donc intéressant à analyser, même s’il ne figure pas parmi les configurations les plus performantes.
POI Fort
Un POI fort est un POI issu d’un mouvement ayant liquidé de l’inducement, c’est-à-dire un mouvement dont l’objectif était d’aller chercher de la liquidité existante sur le marché, Equal Highs, Equal Lows, trendlines. Ce type de POI est le plus rare et le plus fiable.
La logique est simple : si les institutions se sont donné la peine d’aller chercher cette liquidité, c’est pour placer des ordres en contrepartie. Un POI qui se forme sur ce type de mouvement contient donc une information précise sur la quantité d’ordres injectés. Sa puissance est d’autant plus grande s’il s’agit également d’un POI primaire.

Dans le schéma ci-dessus, la liquidation de résistance en zone bleue déclenche le mouvement baissier. Le POI fort qui en résulte est respecté avec précision. C’est la configuration à privilégier lorsqu’elle se présente.
POI : Mon avis sur ce concept populaire en trading
Le concept de POI a été popularisé par les stratégies dites SMC, qui sont pour la plupart devenues davantage un argument marketing qu’une véritable méthodologie. Le fondamental derrière l’explication reste rationnel et solide, mais attention à ce qu’on entend par fondamental ici. Pas celui de la SMC et ses formules chocs du type « trade comme les banques » ou « chasse aux stop-loss », qui ne sont selon moi qu’un récit bien construit, conçu pour donner à de jeunes traders l’impression d’accéder à une vérité cachée. Ce genre de discours attire, mais il ne tient pas longtemps face à la réalité des marchés.
Le POI, lui, a du sens au niveau du carnet d’ordres. C’est un concept cohérent avec la mécanique de prix qu’on a décrite tout au long de cet article. Mais il faut être honnête sur ce qu’il peut et ne peut pas faire. Un POI seul ne détermine pas un biais. Il n’est souvent pas suffisant pour justifier une entrée en position. Ce qu’il fait bien, en revanche, c’est délimiter une zone de travail pertinente, à condition d’être accompagné d’autres éléments de confluence.
C’est d’ailleurs en partie ce concept qui m’a inspiré dans la construction de mon propre système basé sur les blocs. J’estime que mes blocs sont plus représentatifs de la réalité du marché, notamment parce que le POI, dans sa forme classique, a quelque chose de trop chirurgical qui ne prend pas compte du bruit potentiel des marchés financiers.
Globalement, c’est un bon concept, utilisable et ancré dans une logique de carnet d’ordres sérieuse. Mais il faut savoir le contextualiser. Des POI, il en existe partout sur un graphique. Et très peu sont réellement intéressants.

