Trade sur USOIL (13/03/2026)
Trade disponible sur mon track record public, pris le 13/03/2026 sur USOIL en Long et clôturé en gain avec une performance nette de +1.03R. Ce trade a été partagé en temps réel sur le Discord. Tu trouveras ci-dessous l’analyse qui a précédé ce trade, constituant la majeure partie de mon process de décision.
Bilan du Trade
Performance
+1.03R
Actif
USOIL
Sens
Long
Analyse Fondamentale USOIL
USOIL : Le choc d'offre le plus violent de l'histoire moderne du marché pétrolier
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël avaient lancé l’opération « Epic Fury », une série de frappes coordonnées visant l’Iran, résultant notamment dans la mort du Guide Suprême Ali Khamenei. En réponse, l’Iran a annoncé la fermeture du Détroit d’Ormuz le 4 mars, menaçant d’attaquer tout navire tentant le passage. Ce chokepoint, c’est la veine jugulaire du marché pétrolier mondial.
Selon l’EIA, environ 20 millions de barils de pétrole transitaient quotidiennement par le Détroit d’Ormuz en 2024, représentant 20 à 30% du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde.

Lors de la crise, les volumes d’export de brut et de produits raffinés sont tombés à moins de 10% de leurs niveaux d’avant-conflit. L’Irak, le Koweït, les Émirats, l’Arabie Saoudite : tous ont commencé à fermer des puits faute de débouchés d’exportation. Cette fermeture complète des exportations du Golfe représente environ 20% de l’offre mondiale retirée du marché d’un seul coup.
Ali Vaez, directeur du projet Iran à l’International Crisis Group, l’a résumé ainsi : « La fermeture du Détroit d’Ormuz perturberait grosso modo un cinquième du pétrole échangé mondialement, du jour au lendemain. Les prix ne se contenteraient pas de monter, ils grimperaient violemment sous l’effet de la peur seule. »
Le 13 mars, le marché avait intégré la fermeture depuis 9 jours, mais le flux de nouvelles restait haussier : aucune reprise du trafic maritime en vue, des attaques continues sur des infrastructures énergétiques régionales, et zéro perspective diplomatique à court terme.
USOIL : L'absence totale d'alternatives logistiques crédibles pour les acheteurs asiatiques
La fermeture d’Ormuz n’est pas symétrique dans son impact. Elle frappe massivement l’Asie.
En 2024, 84% des exportations de brut transitant par le Détroit étaient à destination de marchés asiatiques. La Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud représentaient conjointement 69% de tous les flux de brut passant par le détroit.

Ces pays ne peuvent pas simplement pivoter vers d’autres fournisseurs du jour au lendemain. L’infrastructure de raffinage est calibrée sur des grades de pétrole spécifiques, les contrats sont pluriannuels, et les alternatives (pétrole américain, africain, russe) ne compensent pas le volume à court terme.
Le choc économique est décrit par le directeur général de l’AIE comme « le plus grand défi de sécurité énergétique mondiale de l’histoire ». Le conflit a rappelé la crise énergétique des années 70 à travers des pénuries aiguës d’approvisionnement, de la volatilité monétaire, de l’inflation et des risques accrus de stagflation.
J.P. Morgan a projeté que si le Brent restait à des niveaux élevés tout au long de l’année, la croissance mondiale du PIB au premier semestre 2026 pourrait reculer de 0,6 point de pourcentage en rythme annualisé.
Pour USOIL spécifiquement, ce contexte est doublement favorable : le WTI bénéficie non seulement du choc d’offre global, mais aussi d’une demande accrue de la part des acheteurs asiatiques qui se retournent vers la production américaine comme substitut d’urgence. Le spread Brent-WTI s’est écarté en mars, le Brent augmentant plus fortement en raison de son exposition aux coûts de fret élevés et à la réduction des flux entre le Moyen-Orient et les marchés consommateurs d’Asie, rendant le WTI relativement attractif pour les acheteurs internationaux.
Analyse Technique USOIL
USOIL : Biais Technique
Sur le graphique, la chronologie est lisible et cohérente avec le contexte macro.
Aux alentours du 6 mars, on observe une montée violente du prix, directement corrélée à la fermeture officielle du Détroit d’Ormuz et aux successions de frappes de missiles dans la région. Le marché price un choc d’offre brutal en temps réel.
Vient ensuite une tentative de désescalade portée par Trump, qui cherche à rassurer les marchés. Le prix recule en réponse, les opérateurs allègent temporairement leur prime de risque géopolitique.
Seulement ce recul ne tient pas. Le prix reprend une trajectoire haussière, confirmant que le marché ne croit pas à une résolution rapide du conflit. C’est dans cette phase de reprise que je remarque la formation d’un léger range, qui vient récupérer une quantité importante de liquidité issue d’une trendline baissière majeure. Ce range présente également les caractéristiques d’un début d’accumulation, avec une structure bien définie et une logique de repositionnement institutionnel cohérente avec le contexte fondamental.
C’est à ce moment précis que je décide d’entrer long.

USOIL : Zone d'intervention
L’accumulation était extrêmement lisible sur ce setup. Elle prenait d’autant plus de sens avec la liquidation de cette gigantesque trendline baissière, dont la cassure a généré une quantité massive de liquidité vendeuse sur le marché, offrant très probablement contrepartie à un acteur de taille institutionnelle.
La trading range haussière était bien construite et bien positionnée : elle me laissait une porte de sortie claire en cas de cassure à la baisse, et comportait en elle-même une zone de liquidité intéressante, susceptible d’être revisitée par le prix dans l’hypothèse d’un retour baissier avant continuation.
Ne me trouvant pas devant mes écrans au moment exact de la cassure de structure, je me suis positionné légèrement après celle-ci.

USOIL : Management du trade
Le prix est rapidement parti dans mon sens après l’entrée. Arrivé à 2R de latent, sans déplacement de stop cohérent disponible à ce stade, j’ai décidé de prendre une sortie partielle sur 30% de la position, sécurisant ainsi 0.60R.
La suite m’a convaincu de la prudence de cette décision : le prix a commencé à stagner dans un contexte qui, fondamentalement, aurait dû provoquer une accélération bien plus franche à la hausse. Cette absence de momentum face à un catalyseur aussi puissant était un signal d’alerte. J’ai donc déplacé mon stop-loss hors de risque sur le solde de la position, la transformant en trade sans risque résiduel.
Quelques heures plus tard, les 70% restants sont sortis sur trail stop à 0.49R pour une performance nette de 1.03R.
